|
« Un brouillard bas, collant acide, ouate d’un linceul humide, un paysage qui sent la mort. Des fantassins marchent à la queue leu leu le long d’une autoroute, mais les hommes marche en dormant Les marais ont chassé le brouillard sur la route. On voit difficilement dans cette bouillie blanche. Les colonnes ressemblent à des torses en marche, et quand elles plongent dans un creux elles disparaissent totalement pour reparaître de l’autre côté.
Soudain un mur de feu s’élève, rouge sang, vers le ciel. La forêt brûle, le brasier s’étend aux champs de mais jaunis, et des soldats qui s’y sont camouflés courent en tous ses, transformés en torche vivantes. Les restes carbonisés de soldats, accrochés dans un sapin, se balancent comme des pendus tandis qu’une fumée d’un noir sale monte en champignon vers le ciel. »

|